SULLY

Hongre Cheval de selle français

Arrivé()e au Refuge le : 04/09/2009 .

Date de naissance : 24/04/2006

 

 

SULLY

Un futur grand champion

qui devient aveugle

 

SULLY de FLEYRES est un grand cheval de selle français (comme ceux de la garde républicaine) âgé de 3 ans et hélas atteint d’une uvéite.

 

Ce brave cheval malgré qu’il va perdre complètement la vue voit encore un peu mais pas assez pour sortir en concours. Il valait en temps normal 15 000 euros ! vu son pedigree, issu d’élevage «haut de gamme».

Sully débourré avait été qualifié à Fontainebleau. Cet élevage de luxe fait naître des chevaux de sport de haut niveau, et malgré que le pauvre Sully était «très bien né» cela n’a pas été sa chance, suite à sa soudaine infirmité. Le fait d’avoir une haute lignée et un pedigree à n’en plus finir n’auront pas changé grand chose à son funeste destin , sans le moindre remords il a été bradé à un marchand de chevaux pour la boucherie. «Les animaux qui ne peuvent servir sont faits pour être mangés ! Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde, vous êtes dans le sentiment» déclarèrent sans vergogne les responsables du Haras de Fleyres au coeur si desséché, si impitoyable.

Irène Rannou a vu Sully par hasard. Déjà relégué aux oubliettes, ce gentil cheval était sur un énorme tas de fumier dans son box trop étroit chez ce maquignon, sa tête touchait le plafond, et il se donnait des coups. Pauvre Sully avec son immense carcasse : les couteaux des bouchers l’attendaient.

Le beau Sully avait toute la vie devant lui, pourquoi la mort est-elle la seule à se dessiner à l’horizon pour lui ? L’avenir n’était plus une promesse mais un sursis. Avec son grand coeur , Irène ne put s’empêcher de l’acheter au prix de «sa viande» , c’était elle ou le boucher. Touchée une dame pleine de générosité finança ce sauvetage.

Connaissant nos structures adaptées et notre expérience avec les chevaux aveugles, Irène nous supplia de l’accueillir et ce malgré que nous étions complets. A l’occasion de son anniversaire, Annick insista également auprès de moi afin d’accueillir malgré tout Sully.

Nous ne pouvions moralement pas répudier , nous-aussi, ce pauvre cheval et avons décidé de lui ouvrir, malgré nos difficultés, les portes de notre Refuge.

Notre désir absolu était de procurer à ce très gentil cheval une revanche sur le mauvais sort et l’injustice de sa vie.

 

Après un transport long de 900 km (venant du sud de la France), Sully est bien arrivé dans notre Paradis. Ici tout se fonde sur le désir authentique de faire le bonheur des équidés autrefois meurtris par les hommes.

 

Sully l’a très bien compris et aujourd’hui son coeur comme ses yeux expriment toute sa reconnaissance pour tous ceux qui se sont investis pour ne jamais le lâcher..

 

M. B .

Extrait du livre 100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Un Refuge formidable pour les Equidés sauvés de l'abattoir